Si j'étais né-e
Pour quoi faire ?
Cet outil de sensibilisation permet de s’imaginer « ce qui serait différent dans ma vie aujourd’hui si j’étais né-e de l’autre sexe ». Il permet aux participant-e-s de prendre conscience de l’existence de discriminations liées aux stéréotypes de genre. Il est parfois également utilisé en outil d’interconnaissance.
L’objectif principal de cet outil est de mettre en évidence les discriminations fondées sur le genre. Il vise à illustrer comment les identités s’imbriquent et influencent ces discriminations. Il a également pour intention de favoriser le développement de l’empathie chez les participant-e-s et de les encourager à remettre en question leurs perspectives.
C’est un outil qui s’utilise en priorité face à un public pas ou peu sensibilisé au genre et aux problématiques intersectionnelles.
Posture et démarche
Conseils d’animation et de posture
Afin d’identifier les normes de genre qui sous-tendent les réponses des participant-e-s, il est nécessaire que l’animateurice soit dans une posture d’écoute et d’analyse. Iel doit inviter les participant·e·s à mobiliser leurs expériences personnelles et leur connaissances situées.
Préparation en amont
Pas de préparation spéciale pour une personne à l’aise sur les stéréotypes et les normes de genre qui les sous-tendent. Une personne moins à l’aise pourra pré-
identifier quelques normes de genre qui risquent d’être abordées par les participant-e-s, afin d’avoir un support si nécessaire.
Sur le moment
Annonce de la consigne (5 minutes)
L’animateurice distribue des notes repositionnables aux participant-e-s, et leur demande « qu’est-ce qui aurait changé dans votre vie actuelle, si vous aviez été assigné-e à l’autre sexe à la naissance ? ».
Si l’exercice est organisé à distance, il faut que les personnes puissent écrire dans la « discussion ». Vous pourrez alors poser la question à l’oral et demander à chaque participant-e d’envoyer sa réponse en même temps sur l’espace de discussion.
Temps de réflexion individuel (5 minutes)
Chaque participant-e est invité-e à prendre un temps de réflexion, en silence, et à noter un mot-clé en lien sur sa note repositionnable.
Pendant ce temps, l’animateurice affiche une grande feuille qu’iel sépare en deux colonnes « sexe » et « genre ».
Tour de parole (2 minutes par participante)
À tour de rôle, les participant-e-s sont invité-e-s à prendre la parole et à partager ce qui, selon elles ou eux aurait changé dans leur vie actuelle s’ils ou elles avaient assigné-e-s à l’autre sexe à la naissance.
L’animatrice invite chacun-e à écouter attentivement les autres, et à identifier si ce qui est dit relève plutôt du « sexe » ou du « genre ».
L’animateurice rappelle le temps dédié à chaque intervention et, si besoin, invite une personne à conclure pour passer la parole à la personne suivante. En fonction du groupe, il peut être pertinent d’alterner les prises de parole de femmes et d’hommes.
Les notes repositionnables sont posées sur la grande feuille, dans la catégorie proposée par les participant-e-s. S’il n’y a pas consensus, alors la note est mise de côté, on finit le tour de table et on y revient ensuite.
Discussion collective (15 minutes – à adapter en fonction de la taille du groupe)
D’abord, on regarde les notes qui ont été classées et on se demande ce qui fait du lien entre celles de chaque catégorie (ce qui relève du biologique / ce qui relève du social).
On prend un temps de discussion autour des notes qui n’ont pas encore été positionnées. Relèvent-elles du social ou du biologique ? L’animateurice doit mener la discussion pour arriver à une réponse qui soit admise par toutes et tous.
L’animateurice interroge également les participant·e·s sur les intersections liées à la race sociale, à la classe sociale ou à l’orientation sexuelle : qu’est-ce qui aurait changé si, au lieu d’être une femme blanche, j’étais un homme asiatique ? Une femme noire ? Les éléments de réponse sont passés en revue collectivement pour amener la question de l’intersectionnalité.
Apport théorique (5 minutes)
L’animateurice pose, en s’appuyant sur ce qui a été dit, les définitions du genre et de l’intersectionnalité en conclusion de la séquence.
Et ensuite ?
Cet outil étant destiné à (commencer à) conscientiser sa propre construction genrée, il n’y a pas de suite particulière à organiser de la part de l’animatrice.
Petits conseils du F3E
Point d’attention
Attention, contrairement à ce que certaines personnes croient, le sexe n’est pas binaire, et le sexe assigné à la naissance aux enfants est lié à l’apparence de leurs organes génitaux externes uniquement (et non pas à leurs organes génitaux internes, leurs gènes, leurs hormones, etc.). En outre, il faut éviter de tomber dans la transphobie (éviter les phrases du type « seules les femmes peuvent porter un enfant », puisque toutes les femmes ne le peuvent pas, notamment les femmes trans, alors que des hommes trans le peuvent).
Adaptations possibles
Il est tout à fait possible d’adapter l’outil à des questionnements liés à d’autres discriminations systémiques (racisme, classisme, validisme, etc.). Attention toutefois à toujours bien garder la notion de genre car elle est transversale.
Pour aller plus loin
Vous pouvez consulter :
- Fiche-outil : Mais pourquoi ? (publication à venir)
- Fiche-outil : La boîte du genre (dans F3E, Les Approches orientées changement, renforcer les pouvoirs d’agir avec une perspective de genre et écologique)
- Ressource : La licorne du genre (en anglais, Trans Student Educational Ressources)
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